Interview du mois : Matthieu Delormeau répond à nos questions

Publié le

par Thomas Criqui

Tous les mois, une célébrité répond aux questions de la rédaction de Minute-Auto.fr. Ce mois-ci, c’est Matthieu Delormeau qui s’y colle !

L’interview auto de Matthieu Delormeau

Pourquoi l’automobile ? Quelle est votre histoire ?
Matthieu Delormeau : Cela remonte à quand j’étais petit. Je me souviens que lorsqu’une voiture nous suivait la nuit, je pouvais dire à mon père de quel modèle il s’agissait, rien qu’en voyant ses phares ! J’ai toujours eu la passion de l’Automobile et mon père y a largement contribué. Il me faisait regarder chaque Grand Prix de F1 le dimanche, et il m’a un jour emmené aux 24 Heures du Mans.

Cette passion est, petit à petit, devenue une frustration, car j’aurais vraiment aimé en faire mon métier, et ce n’est jamais arrivé.

Vous vouliez donc faire carrière en sport automobile ?
M.D. : Oui, je me voyais pilote ! Pas forcément en Formule 1 car ils ne sont qu’une quinzaine à en vivre dans le monde. Mais je rêvais de devenir un grand pilote, même si je n’avais peut-être aucun talent. On ne le saura jamais. Dans le cinéma, on dit qu’un acteur qui gagne sa vie est déjà un acteur qui a réussi ! Et bien ça aurait été la même chose pour moi. Gagner ma vie en vivant de cette passion aurait été formidable.

Plus jeune, avez-vous tenté de vous tourner vers le karting ou un équivalent ?
M.D. : Non. C’est un peu comme la télévision. J’ai toujours tout commencé tardivement. Jeune, j’étais un peu fataliste. Mon père était avocat. Je me disais que je me tournerais vers des études d’Économie ou alors devenir avocat, comme lui. Quand je regardais la F1 à la télévision, je pensais que ce n’était pas pour moi, que ce n’était pas mon monde. Je n’ai pas forcé le destin. C’est dommage.

Quels sont les souvenirs d’enfance qui vous reviennent au sujet du sport automobile ?
M.D. : C’est vraiment la Formule 1 des années 80 ! J’ai commencé à suivre vers la fin de l’affrontement Piquet - Lauda. Je me souviens du dernier titre de Niki Lauda et dans la foulée, le début du duel Prost - Senna. La F1 était vraiment géniale à cette époque. Je ne ratais pas un Grand Prix, quitte à l’enregistrer. Je jouais aux jeux vidéo pour apprendre les circuits par cœur et tenter d’imaginer ce que les pilotes ressentaient. Deux fois je suis allé à Montréal pour assister au Grand Prix du Canada. Je tournais le de dos aux F1 pour essayer de reconnaître le son de leur moteur !

On n’imagine pas à quel point vous êtes pointu sur l’histoire de la Formule 1…
M.D. : J’adore ça ! Toutes les semaines, tous les mois, j’achète tous les magazines sur le sujet. Je lis aussi beaucoup de choses sur les sites internet et je m’intéresse aux pilotes, à leur profil. Je m’intéresse même au poids des pilotes ! Comme Lewis Hamilton qui pèse 72 kg et qui veut descendre à 67 ! C’est quelque chose qui m’intéresse vraiment.

Comme tout le monde, vous avez certainement un pilote favori ?
M.D. : C’est difficile à dire. J’ai déjà eu l’occasion d’établir mon Top 5 des pilotes de F1 et je me suis fait incendier sur Twitter parce que je n’avais pas cité Prost ! Je suis désolé, mais je le redis : Alain Prost n’est pas dans mon Top 5 ! On l’appelait ‘’Le Professeur’’ et il était génial. C’était un génie. Il savait mettre les voitures au point, mais il lui manquait ce petit truc en plus pour être dans mon classement : la fougue, la niaque. Il était peut-être un peu trop prudent à mon goût.

Et si l’on réduit la fenêtre à un podium ?
M.D. : Dans ce cas je placerais Niki Lauda sur la troisième marche. Quand on voit le film ‘’Rush’’, on se rend compte que c’était un sacré metteur au point. Un génie du pilotage. Il était hors norme. En deuxième, je placerais Ayrton Senna.

Enfin, sur la plus haute marche de mon podium, il y aurait forcément Michael Schumacher. On ne peut pas ne pas mettre Schumacher en tête ! On peut dire ce que l’on veut… Que c’était Ferrari et cetera… Il a été sept fois Champion du Monde et a remporté quatre-vingt-onze victoires. Je pense que ça ne sera jamais égalé. Sa fin de carrière chez Mercedes aura été un peu décevante, mais à quarante ans, avec une infime perte d’acuité visuelle, tu peux perdre ce petit dixième qui fait la différence…

Et dans les pilotes actuels ?
M.D. : Mon pilote préféré est Lewis Hamilton. Pour plein de raisons : c’est un petit c** qui me fait rire ! Il fait partie du star system, il s’énerve parfois… j’adore !

Mais je pense que le meilleur pilote du plateau reste Fernando Alonso. Dans un Top 5, je mettrais forcément Alonso. Mais son problème, c’est la tête. Ce type n’a absolument pas le palmarès qu’il mérite. Il n’a que deux titres de Champion du Monde, uniquement parce qu’il a fait des mauvais choix. Il a mal géré son premier passage chez McLaren, tout comme il a certainement eu tort de quitter Ferrari. Il a fait de mauvais choix, en pensant : "Je suis Alonso et je vous emm****."
Pourtant, à voiture égale, aujourd’hui encore, il bâterait tout le plateau. J’en suis persuadé.

Champion du Monde 2016 : Rosberg ou Hamilton ?
M.D. : Hamilton, encore ! Pourtant ça aurait été sympa de voir un peu de changement et je trouve Rosberg tellement sympathique... Il a du mérite, c’est un très bon pilote, mais face à lui se dresse un monstre de pilotage contre lequel il n’y a rien à faire. Il aurait fallu qu’il conserve son avance du début de saison, mais ce n’est plus le cas.

Le star system, c’est quelque chose que vous connaissez bien. Comprenez-vous que Lewis Hamilton adore cet univers ?
M.D. : Bien sûr que je le comprends. Hamilton, c’est un pilote frustré de plein de choses. Il se rêvait musicien, il se rêve top model. On voit qu’il est ami avec des gens qu’il envie. Il est proche de Justin Bieber, qui a 21 ans, parce qu’il rêve d’être une star de la musique. Lorsqu’il monte sur le podium, il est le seul à prendre ça très au sérieux. Il change de coiffure pour chaque Grand Prix, il porte toujours des trucs en or sur lui…

Là où l’on remarque que quelqu’un passe du statut de vedette à star, c’est quand, tout à coup, cette personne ne touche plus le sol et s’adresse à Dieu à chaque fois qu’elle parle. Avec Hamilton, c’est un peu ça : Est-ce que Dieu va lui donner la force, etc… La relation se passe entre lui et Dieu mais plus avec les humains. C’est devenu son personnage. C’est important car c’est aussi ça la Formule 1. : Des personnages.

Quel est votre circuit de Formule 1 préféré ?
M.D. : Définitivement, je préfère les circuits européens. Ce qui m’agace, c’est que Bernie Ecclestone cède systématiquement à l’appel de l’argent. Tous ces Grands Prix organisés au Moyen-Orient, dans des pays sans culture automobile, qui se fichent totalement de la Formule 1... Ils y mettent des moyens colossaux, et finalement il n’y a que trois personnes dans les tribunes alors qu’on y a laissé toute l’écologie du monde et le PIB d’un pays entier pour l’éclairer… ça me rend hystérique ! Souvent, ce ne sont pas de beaux circuits car en plus ils sont mal dessinés.

Les meilleurs sont en Europe. J’adore Spa, c’est un vrai circuit de pilote, d’homme. J’aime beaucoup Silverstone, et peut-être aussi Monza, pour l’ambiance. Monaco, en vérité, je m’y emmerde souvent…

Vous êtes entre-autre producteur. Si demain vous deviez produire une émission sur l’automobile, de quoi s’agirait-il ?
M.D. : Je pense que je ferais une émission politiquement incorrecte. Je n’irais pas dans la direction d’Auto-Moto, où on va nous dire qu’une voiture électrique c’est bien et comparer une 207 à je ne sais quoi. Moi, ce serait une émission dans laquelle on ne nous ferait pas ch*** avec le C02, les consommations ou l’écologie. On oublie tout ça. Pendant une heure, on prend les voitures qui nous font rêver, des V8, des V12, et on se marre avec les plus belles caisses du monde, tout en drift sur les plus beaux circuits ! Y en a marre des émissions qui nous disent que tu peux faire Paris - Deauville en voiture électrique… on s’en fout !

Je suis d’ailleurs persuadé que l’électrique sera le prochain scandale automobile d’ampleur, après celui du diesel. C’est une évidence. Le diesel, ça fait vingt ans que je le dénonce. Ça pollue plus qu’un Cayenne, mais les gens ne le savent pas et vont cracher sur celui qui roule avec. Tout à coup, on se rend compte que les voitures diesel sont des machines à cancer et on tente de les éradiquer après les avoir favorisées pendant toutes ces années.

Ce sera pareil pour l’électrique : ces énormes batteries sont constituées de tout ce qu’il y a de plus polluant et on ne sait pas quoi en faire. Elles finissent enterrées. Pour l’instant, tout le monde trouve ça formidable, mais rendez-vous dans dix ans.

Qu’est ce qu’on retrouve dans le garage de Matthieu Delormeau ?
M.D. : Actuellement s’y trouve une Mercedes SL 63 AMG de 2008 que j’ai achetée d’occasion l’année dernière. Une voiture extraordinaire avec un son fabuleux ! Imaginez, plus de 500 ch dans une propulsion ! Par contre, il ne faut pas la perdre, parce qu’une AMG qui commence à partir du train arrière… C’est pour ça qu’il vaut mieux l’avoir à mon âge. A dix-huit ans, je me serais tué avec (rires). C’est un monstre de technologie. Avec Porsche, Mercedes est ma marque préférée. Il faut savoir que Mercedes invente à peu près 80% des innovations que l’on retrouve dans le domaine de l’Automobile.

J’ai aussi une Smart Brabus Xclusive. 105ch dans une Smart, c’est très drôle ! On dirait un karting ! Mais après dix kilomètres, on n’a plus de dos car elle est rabaissée de dix centimètres et Brabus a renforcé les suspensions !

Je possède également une vielle BMW Série 3 de 1983. J’ai perdu ma mère quand j’avais dix ans. Elle était très malade et savait que j’aimais beaucoup les voitures. Un jour elle m’a dit : "Viens mon chéri, on va acheter une BMW." A l’époque, ça valait 47.000 francs. Comme on n’avait pas les moyens de s’offrir une BMW, elle a acheté l’entrée de gamme. Une 315 de quatre cylindres et 75ch. Elle n’avait ni direction assistée, ni ABS. Il y avait même encore les moulinets pour descendre les fenêtres !

Pour mes quarante ans, ma famille m’a fait un cadeau formidable. On dînait tous ensemble et j’ai reçu un livret de bord BMW assez usé de 1983. Ils avaient déniché, chez un vieux monsieur, une première main identique à celle que ma mère m’avait offerte. Ce jour-là, j’étais en larmes. Je ne m’en séparerai jamais.

Est-ce que vous avez une voiture no limit, une voiture que vous ajouteriez à votre garage si l’argent coulait à flot ?
M.D. : C’est une bonne question ! Je ne me l’a suis jamais posée... (Après réflexion) Peut-être la "LaFerrari". Ferrari, c’est un rêve de gosse. Je suis assez dingue aussi ! Je change de voiture tous les ans, je me lasse vite !

Combien reste-t-il de points sur le permis de conduire de Matthieu Delormeau ?
M.D. : (A voix basse) Je dirais cinq aux dernières nouvelles ! Attention, il y a certaines choses que je respecte. Il ne me viendrait jamais à l’idée de dépasser sur une ligne blanche ou de prendre une rue à sens unique. Je ne grille jamais un feu rouge, je ne me gare jamais sur une place pour handicapés… Et je n’ai jamais conduit en ayant de l’alcool dans le sang.

En revanche, je me suis déjà fait prendre pour excès de vitesse. C’est d’ailleurs souvent pour de la vitesse que je perds des points. Pourtant, je n’ai pas l’impression de rouler trop vite ou que ma vitesse est dangereuse.

Comment cela se passe-t-il quand vous vous faites arrêter ?
M.D. : Parfois, on me reconnaît. La dernière fois, c’était en septembre Je venais de faire ma rentrée télé avec Cyril (ndlr : Hanouna) et j’avais été chahuté par les chroniqueurs durant l’émission. Les policiers m’ont dit : "Ah, c’est vous ! Vous avez eu un mois assez difficile, on ne va pas en rajouter !".

La police, huit fois sur dix, est vraiment sympa avec moi. Mais attention quand il m’arrive de me faire arrêter pour un léger excès de vitesse sur l’autoroute, je peux vous dire que vous payez, qui que vous soyez, et c’est bien normal.

Sur le plateau de Touche Pas à Mon Poste, avez-vous quelqu’un avec qui parler voitures ?
M.D. : Ah non, là je suis vraiment très seul ! Cyril aime beaucoup les voitures, un peu comme un gosse, mais je ne suis pas certain qu’il s’y connaisse vraiment. Il ne va pas feuilleter les magazines et vous parler des différences entre les modèles.

Deux jours avant le Grand Prix de Monaco, il m’a offert un stage de pilotage en monoplace et la possibilité d’aller assister à la course. Malheureusement, il a été extrêmement compliqué d’organiser ce déplacement en dernière minute et je n’ai pas pu y aller. Heureusement, je vais pouvoir me rattraper en allant assister au Grand Prix d’Italie à Monza en Septembre.

Comment imaginez-vous ce week-end ?
M.D. : Je crois que je vais être comme un môme ! J’aimerais arriver dès le vendredi matin pour suivre tous les essais. J’espère aussi assister à la parade des pilotes et avoir l’occasion de faire un ou deux selfies avec certains d’entre eux. J’avais essayé d’en faire un avec Lewis Hamilton, il y a quelques années, mais je me m’étais fait refouler. Cette fois, il faut que j’y arrive !


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Avis sur «Interview du mois : Matthieu Delormeau répond à nos questions»

  • Par rioux viviane

    Interv très instructif, j"adore les voitures, et la formule 1 , j’ai arrêté de regarder a la mort de Séna, MD toujours égale a lui même dans ses réponses, politesse et gentillesse, voilà MD profite de la vie , éclate toi avec ton rêve ( les voitures) peu importe laquelle, l’essentiel c’est d’être bien dans ce que l’on fait, bisous

  • Par mildred

    Très bonne interv. Je savais que MD s’ intéressait aux voitures mais en fait il a l’air de vraiment s’y connaître.

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